Mercredi 3 février 2010
Dans un texte d’opinion intitulé : « Tout peut encore basculer » du 2 février 2010, Jacques Ménard, Prés. Du C.A. de BMO, écrit : « la frêle reprise à laquelle nous nous accrochons repose sur des bases bien fragiles ». Le vocabulaire est révélateur. Comme des naufragés du capitalisme sauvage et de la finance débridée, nous nous accrochons à un lambeau de reprise économique.
Un cancer généralisé
Oui, la reprise repose sur les restes de l’argent public injecté par les gouvernements pour empêcher le système financier de s’effondrer. L’économie mondiale est toujours sous respirateurs artificiel. Le malade va-t-il pouvoir respirer par lui-même lorsque la bonbonne d’oxygène sera vide ou va-t-il retomber en crise.
Il ne faut pas se conter d’histoires, on ne parle pas ici d’une jeune personne accidentée qui peut retrouver la pleine santé, mais d’un grand malade en phase terminale et que « la frêle reprise à laquelle nous nous accrochons » n’est rien d’autre que la rémission passagère d’un cancer généralisé. Ce cancer s’appelle cupidité irresponsable et stupidité des capitalistes qui scient la branche sur laquelle ils sont assis. Des fous furieux drogués par la création de leur propre richesse.
Il y a pire, ce cancer épuise les ressources finies de la planète et entraîne la disparition de centaines d’espèces. Le réchauffement climatique résultant du capitalisme débridé réserve aux générations futures des épreuves beaucoup plus pénibles qu’un déficit de dizaines de milliards ou une dette de centaines de milliards.
La Nouvelle Orléans
On ne peut s’empêcher de comparer l’élite financière et économique mondiale de Davos et du G-20, aux décideurs de la Nouvelle Orléans avant la catastrophe de l’ouragan Catarina. Ils savaient que les digues étaient vieilles et fragiles. Ils savaient qu’ils étaient dans une zone d’ouragan. Mais personne n’a pris le leadership de mettre la priorité sur la réfection et le rehaussement des digues. Ils se sont contentés de chialer après Washington pour que le gouvernement fédéral s’en occupe et ils ont continué le petit train train du conseil municipal. S’ils avaient su ce qui les attendait, le budget, la police et les conventions collectives auraient été prestement tassé dans les priorités.
L’élite financière et économique mondiale incluant économistes et universitaires sont exactement comme l’élite politique et économique de la Nouvelle Orléans à la veille de la catastrophe du 29 août 2005. Ils ergotent sur le déficit, la dette, le PIB, la croissance économique et la création de richesse. Sauf quelques très rares exceptions, personne ne parle sincèrement d’un virage énergique vers une économie verte et durable. Personne ne prend le leadership de changer le discours économique redondant, dépassé et futile. Personne ne s’élève au dessus du troupeau des Bob Cashflow, pour leur montrer la voie d’une nouvelle économie qui priorise l’humain, la planète et l’environnement avant le profit et la création de richesse pour alimenter la surconsommtion destructrice. Personne n’assume le leadership de leur dire qu’il faut mettre fin à l’hypocrisie du « greenwashing » qui sert à camoufler la poursuite du capitalisme sauvage.
Ici au Québec, la réponse des économistes et des décideurs économique aux consultations prébudgétaire est d’une affligeante médiocrité. Toujours la même vieille casette qu’ils repassent à chaque cycle économique. Personne à part Daniel Breton de Québec-Kyoto n’a proposé d’intégrer l’éco-fiscalité et l’éco-tarification dans les mesures de réduction du déficit.
Le Québec innovateur
Nous avons donné au monde de vrais leaders innovateurs. Les Daniel Langlois, Guy Laliberté, Bombardier, Céline Dion et Robert Lepage ont profondément transformé leur domaine d’activité respectif. Ce sont de véritable leaders créatif.
On attend toujours le vrai leader qui transformera la finance et l’économie mondiale pour l’adapter au nouveau contexte planétaire de l’environnement et des ressources qui s’épuisent surtout avec le pic pétrolier.
Joseph Facal vient de rater une belle occasion d’entreprendre le virage de l’économie verte et durable dans son dernier livre intitulé : « Quelque chose comme un grand peuple ». D’autre part dans son texte d’opinion intitulé : « Tout peut encore basculer », Jacques Ménard patauge lui aussi dans la vieille économie stérile et désuète. La déception est d’autant plus grande, que plusieurs observateurs voyaient dans ces deux intervenants économiques, un potentiel de leadership créatif. Encore une fois ils n'auront été qu’un mirage trompeur. Nous sommes dans un désert de créativité et de leadership économique.
RIEN AU QUÉBEC, RIEN AU CANADA, RIEN DANS LE MONDE !
LE VIDE ABSOLU !
Publié par L'avocat du Diable
à 2010-02-03 21:05:33
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